Elle me demanda si ce fut trop tard. Le simple fait de poser la question prouva qu’il était déjà trop tard : il est toujours trop tard. Elle n’en avait pas eu conscience sur le coup. Pourtant, je la revois encore en train de piétiner allégrement mon cœur encore chaud, tout juste arraché à ma poitrine par ses ongles acérés et manucurés, expulsant dans un dernier spasme ses ultimes millilitres de sang ; ce petit cœur fragile que je lui avais offert. Au moins, j’avais maintenant la réponse à une question qui me taraudait depuis longtemps : oui, j’avais eu un cœur.
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