lundi 8 octobre 2012

Brève XLIV

Je l’ai séduite par mon écriture, inspirée par ma solitude et ma tristesse, chant mélancolique tentant vainement d’imiter de vrais auteurs, ramassis parfois sans logique de mots compliqués destiné à les impressionner, alors que je ne les connaissais pas quelques minutes auparavant, formulations absconses et tortueuses se finissant par un improbable imparfait du subjonctif ; toutes ces fioritures futiles, étalées à sa vue comme des bouquets de fleurs sauvages, image perpétuelle du poète romantique maudit, semblent avoir eu quelques effets car elle me céda et rompit mon état propice à mon inspiration. Maintenant que je ne l’ai plus, grâce à elle, et que je n’écris plus, l’intéresserai-je encore ?

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