Je l’ai séduite par mon écriture, inspirée par ma solitude et ma tristesse, chant mélancolique tentant vainement d’imiter de vrais auteurs, ramassis parfois sans logique de mots compliqués destiné à les impressionner, alors que je ne les connaissais pas quelques minutes auparavant, formulations absconses et tortueuses se finissant par un improbable imparfait du subjonctif ; toutes ces fioritures futiles, étalées à sa vue comme des bouquets de fleurs sauvages, image perpétuelle du poète romantique maudit, semblent avoir eu quelques effets car elle me céda et rompit mon état propice à mon inspiration. Maintenant que je ne l’ai plus, grâce à elle, et que je n’écris plus, l’intéresserai-je encore ?
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