Elle le trouvait « creux », curieux adjectif pour un homme pourtant bien en chair, tellement plus en courbes que moi, mais qui marquait bien l’indigence de mon concurrent. Ce jugement péremptoire l’écartait définitivement et me laissait seul prétendant à la dévastation de son cœur. J’attendais avec impatience la vision qu’elle avait de moi et le mot qui me représentait à ses yeux. Elle ne savait pas trop : mon insaisissable personnalité me protégeait d’un classement sémantique banal. Pour l’aider, je lui proposai « concave » ou « convexe », gardant ainsi cette idée de courbure et approprié à mon regard déformant de la réalité. Elle ne trancha pas mais fut au moins d’accord sur une chose : le préfixe.
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